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jeudi 9 juillet 2009


La mort en février dernier du journaliste franco-congolais Bruno Jacquet Ossébi, qui voulait s'associer à une plainte visant des biens détenus en France par le président de son pays Denis Sassou Nguesso, est jugée suspecte par Reporters sans frontières (RSF).

L'organisation basée à Paris et son partenaire au Congo-Brazzaville, Journaliste en danger, ont publié un rapport sur cette affaire dans lequel ils assurent avoir obtenu des documents inédits lors d'une mission effectuée sur place en mai.

Les deux organisations invitent le gouvernement français à ouvrir une instruction judiciaire en France.

Le journaliste est mort dans la nuit du 1er au 2 février à l'hôpital militaire de Brazzaville où il avait été admis douze jours plus tôt, après un incendie survenu à son domicile, dans lequel ont péri sa compagne et les deux enfants de celle-ci.

Trois jours avant l'incendie, ce journaliste qui collaborait au site d'opposition Mwinda, avait publié un article faisant état d'un projet d'avance de 100 millions d'euros par une banque française contre un gage en pétrole à la Société Nationale de Pétrole du Congo, dirigée par un fils de Denis Sassou Nguesso, un montage présenté comme illégal.

RSF dit dans son rapport qu'il n'y a pas eu d'autopsie ou d'enquête sérieuse. Sa mort est selon l'organisation inexpliquée. L'acte de décès que l'organisation publie dans le rapport mentionne un arrêt cardio-respiratoire mais pas les brûlures dont souffrait le journaliste.

Selon RSF, Bruno Jacquet Ossébi projetait de s'associer à la procédure conduite en France sur les biens détenus en France par les présidents de trois pays africains producteurs de pétrole, dont Denis Sassou Nguesso.

En mai, une juge a ordonné d'instruire la plainte déposée en décembre par l'ONG anticorruption Transparency International contre les présidents du Congo, du Gabon et de Guinée équatoriale pour "recel de détournement de fonds publics".

Le parquet a fait appel et la décision est suspendue. La cour d'appel de Paris tranchera à la rentrée.

Recensés par la police, les 24 propriétés et 112 comptes bancaires de la famille Sassou Nguesso risquent en théorie d'être saisis, même si cette perspective est hypothétique.

Me William Bourdon, avocat des plaignants en France, a expliqué à Reuters en avril que deux Congolais avaient renoncé à s'associer à la plainte en disant avoir été menacés. Un autre plaignant gabonais, Grégory Gbwa Mintsa, a été emprisonné dans son pays pendant douze jours en janvier.

RSF ajoute dans son rapport que le jour de l'incendie chez Bruno Jacquet Ossébi, un autre incendie s'est déclaré en France, à Saint-Ay, près d'Orléans, au domicile du Franco-Congolais Benjamin Toungamani, un autre opposant congolais.

vendredi 15 mai 2009

CAMEROUN
LE SCANDALE DES DISCRIMINATIONS DANS LES CONCOURS D’ENTREE A L’ECOLE NATIONALE D’ADMINISTRATION ET DE MAGISTRATURE

Après avoir minutieusement analysé les résultats des admissibilités du concours de l’ENAM pour l’année académique 2008/2009 publiés dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, la Commission Indépendante contre la corruption et la discrimination attire l’attention nationale et internationale sur les graves conséquences à brève échéance, des discriminations pratiquées dans le recrutement et la formation des cadres de la fonction publique du pays. Ces agissements criminels durent depuis au moins deux décennies, et ont abouti à créer au Cameroun, la même situation qui avait entraîné le déclenchement du génocide au Rwanda.

Le pouvoir d’Etat, l’administration publique, les corps de sécurité, et même le corps judiciaire, sont presque déjà tenus par un seul groupe ethnique, pendant que d’autres groupes, particulièrement ceux de l’Ouest, sont exclus. Il existe dorénavant au Cameroun, une tribu de commandeurs et une autre tribu de commandés.

La Commission constate ainsi, que le Groupe tribal Béti, constitue presque 60% de tous les candidats admissibles au concours de l’ENAM, alors même qu’il est largement minoritaire en nombre de sujets dans le pays. Ce pourcentage est atteint, après une évolution savamment planifiée d’une année à l’autre, de 35% - 45% entre 1990 et 2000, à 50 – 60% entre 2000 et 2008.

Face à cette situation, la Commission a saisi les plus hautes autorités de l’Etat et de la République sans succès. Aucune réponse claire n’est parvenue à la Commission, et le Directeur Général de l’ENAM, n’a trouvé pour ultime alternative, que de saisir la police, pour demander implicitement, l’interpellation et des pressions contre les dirigeants de l’Organisation.

La Commission rappelle, que la pratique systématique et planifiée des discriminations, procède du crime contre l’humanité et de la violation d’une multitude de conventions internationales dont le Cameroun est signataire.

La Commission informe l’opinion nationale et internationale, qu’en guise d’ultime effort, elle a saisi l’organe gouvernementale des droits de l’Homme et des libertés d’une requête à toutes fins de droit d’une part, et exercé un recours gracieux auprès du ministère de la fonction publique d’autre part. Si aucune réponse satisfaisante n’est obtenue en retour, la Commission après avoir respecté les délais prescrits pas la loi, engagera les actions fortes ci-après :

1- Au plan national, la saisine de la Chambre administrative de la Cour suprême

2- Au plan international : la saisine du Haut commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme ; la saisine de la Cour Africaine des droits de l’Homme

3- La sensibilisation des principaux partenaires diplomatiques et économiques du Cameroun

4- La mobilisation internationale de la société civile

A toutes fins utiles, la Commission précise que ses différents rapports d’activité depuis 2003, montrent qu’elle a de façon régulière et constante, essayé vainement d’éveiller l’attention du Gouvernement camerounais sur les graves conséquences de sa politique planifiée de discrimination.